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L'Histoire du Sundgau

Le Sundgau tout le monde en parle (en tout cas sur dreyeckland.com), mais est-ce que ce même tout le monde le connaît vraiment ? Pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient entend-on souvent c'est valable aussi pour le Sundgau. Découvrez son histoire.

1870 - 1918 : Le Sundgau de la guerre franco-allemande à la Première Guerre Mondiale

Alors que le Sundgau n'a plus connu de conflit armé depuis une cinquantaine d'année, la guerre franco-allemande de 1870-1871 éclate, marquant le début d'une nouvelle période d'instabilité pour la région jusqu'à la Première Guerre Mondiale.

Résumé du dernier épisode, "Le Sundgau au XIXè siècle" :
Avec le Consulat puis l'Empire, le Sundgau connaît un retour à l'ordre et découvre l'industrialisation. Néanmoins, la violence semble endémique comme tendent à le montrer les émeutes contre les juifs après la révolution de 1848.


La guerre franco-allemande 1870-1871 et l'annexion du Sundgau


La guerre franco-allemande de 1870-1871 fait voler en éclat 50 ans de paix dans le Sundgau. Les premier combats éclatent dans la région de Kembs et fin septembre 1870 tout le Sundgau est sous occupation de l'armée allemande. Après le traité de paix du 10 mai 1871, l'Alsace ainsi qu'une partie de la Lorraine sont annexés à l'Allemagne par le chancelier Bismarck.

Le Sundgau redevient allemand


Le pays est séparé en deux, une partie du Territoire de Belfort faisant partie du Sundgau (Réchésy, Suarce, Vauthiermont, Florimont etc.). Les livres d'histoire du Sundgau et d'ailleurs soulignent le fait que les frontières ont été tracées en respectant les entités linguistiques (roman et germanique) et en utilisant la ligne de partage des eaux entre la mer Méditerranée et la mer du Nord. En réalité, plusieurs communes de langue “romane” sont intégrées à l’Empire allemand comme Montreux-Vieux, Montreux-Jeune, Saint-Cosme, Bellemagny etc. La douane française s’installe ainsi à Foussemagne pour la route Belfort-Bâle, et à Lachapelle-sous-Rougemont pour la route Belfort-Colmar.

Le développement industriel du Sundgau


Après une période d'adaptation, le développement industriel reprend de plus belle avec l'implantation de nouvelles industries. Le Sundgau, à la faveur de l'essor des transports, s'ouvre vers le reste du département, faute de pouvoir faire des affaires avec le Territoire de Belfort, resté français.
En 1874, une ligne télégraphique est ouverte entre Altkirch et Ferrette.
En 1891, c'est le chemin de fer qui relie ses deux villes puis d'autres voies sont construites entre Dannemarie et Pfetterhouse (1910) et Blotzheim-Waldighoffen (1915).
Dans une sorte d'élan rénovateur, on en profite pour reconstruire plusieurs églises telles que Saint Morand à Altkirch ou Ballersdorf.
En cette fin de siècle, au-delà du développement industriel non négligeable qui est le sien, le Sundgau reste un important producteur de bétail de boucherie et d'élevage ainsi que de céréales.

Pendant 40 ans, la paix fait à nouveau son nid dans le Sundgau, mais ne va pas rester longtemps...

La Première Guerre Mondiale s'abat sur le Sundgau


Le déluge de feu meurtrier de la Première Guerre Mondiale s'abat sur le Sundgau dès le mois d’août 1914, la zone ouest de la région étant la plus durement touchée.
Le 2 août 1914, l'incursion d'une patrouille allemande en territoire français depuis Dannemarie donne un sinistre coup d'envoi, celui du commencement de la guerre, premières victimes inclues.

Dès les premiers jours du conflit mondial, les troupes françaises dont le cantonnement se situe à quelques kilomètres deValdieu, font sauter le viaduc ferroviaire qui traverse la Largue entre Dannemarie et Manspach.
Partout en France, les combats font rage et le Sundgau ne déroge pas à la règle. A partir de janvier 1915, le front sundgauvien se stabilise des Vosges à la frontière suisse.
De part et d'autre de la ligne de feu sundgauvienne, les troupes des deux camps fortifient leurs positions respectives en construisant des abris, en creusant des tranchées, en établissant des réseaux de barbelés et en installant des lignes de chemin de fer à voie étroite. La guerre c'est du boulot ! Les troupes allemandes mettent en place trois lignes de défense : la première
entre Bettendorf et Hirsingue, la deuxième sur les hauteurs de Wittersdorf et Emlingen et la troisième dans les forêts de Largitzen et Heimersdorf.

La population sundgauvienne victime de la Première Guerre Mondiale


Dans un premier temps, les Sundgauviens et les Sundgauviennes sont victimes de l'artillerie et des bombardements ainsi que la présence des troupes dans les villages et les tracasseries administratives faites
de cartes d'alimentation et de rationnement. Elles doivent aussi avoir en permanence sur elles un" Ausweis " (passeport) pour pouvoir sortir de chez elles.
A partir de décembre 1915, l'armée allemande procède à l'évacuation de la population de 47 communes sundgauviennes de l'arrondissement d'Altkirch vers des communes épargnées par la guerre afin d'épargner les civils, de mieux loger les soldats et de prévenir tous risque d'espionnage
.
Dans la vallée de la Largue, bien que les évacuations ne soient pas obligatoires, beaucoup d'habitants prennent la route pour aller se réfugier dans le Doubs. A partir de 1917, les troupes Allemandes réquisitionnent les cloches des églises pour les fondres et collectent les pièces d'or pour financer l'industrie de guerre.
Par ailleurs, des camps de prisonniers d'origine italienne sont installés à Steinbrunn-le-Haut et à Muespach tandis que leurs alliés Russes sont emprisonnés à Durmenach
.

Le retour du Sundgau en France et les innombrables problèmes qui en découlent


L'exil des sundgauviens se termine en même temps que la Première Guerre Mondiale, lorsque le Sundgau redevient français.
Mais tout ça n'est pas si "cool" que ça en a l'air. En effet, l’intégration dans l'espace national de ces nouveaux français n'est pas sans poser quelques problèmes.

Tous les Sundgauviens ne sont pas réintégrés de plein droit dans la nationalité française. Pour cela, il fallait être Français avant le traité de Francfort, ou descendre de quelqu'un qui était Français avant ce même traité.
Les Sundgauviens et les Sundgauviennes qui comptent un Allemand immigré en Alsace-Lorraine après le 15 juillet 1870 (date du traité de Francfort) parmi leur ascendance paternelle ne peuvent pas devenir ou redevenir Français.
La côte de tout ce qui est germanique, population allemande comprise descend en flèche.
Les Allemands sont expulsés, tandis que beaucoup d’Alsaciens et de Sundgauviens doivent rendre compte d’une éventuelle attitude pro-allemande devant une commission de triage. Les Alsaciens germanophiles sont expulsés.
Jusqu’en septembre 1920, ce sont 112 000 personnes qui sont contraintes de quitter l’Alsace-Lorraine et le Sundgau.
Pour beaucoup de Sundgauviens qui espéraient profiter du départ des Prussiens pour récupérer leurs emplois, la désillusion est importante car ce sont des cadres, des fonctionnaires et des ingénieurs franco-français qui les accaparent.
Or ces parachutés, généralement mal préparés, ne pipant pas un mot d’Allemand ou d’Alsacien, bénéficient d' “indemnités de difficultés administratives” très importantes, tout en se comportant en colonisateurs.

Les difficultés d'adaptation des Sundgauviens


Le fait est qu’on ne change pas de pays du jour au lendemain, cela nécéssite d'être prêt à un changement de langue, de culture, d'habitudes, etc. 
Par exemple, pendant longtemps, les Alsaciens et les Sundgauviens seront pénalisés par un système de concours nationaux propres à l’administration française, à cause de leurs difficultés linguistiques.
Surtout, dans le Sundgau, la France ne pratique pas l’intégration mais l’assimilation ce qui provoque de nombreuses désillusions, lesquelles apportent de l’eau au moulin du malaise sundgauvien (NDR : Sundgau et sundgauvien peuvent aisément être remplacés par Alsace et alsacien).
Dans un premier temps, avec l’allemand relégué aux oubliettes, le français devient la seule langue enseignée dans les écoles du Sundgau. Mais cette méthode dite directe, ne permet pas aux petits sundgauviens d’apprendre à nager dans le bain linguistique français dans lequel on cherche à les plonger. Ils s’y noient pour deux raisons : en premier lieu, les jeunes élèves ne comprennent pas le français lorsqu’ils entrent à l’école, ensuite la plupart des maîtres alsaciens ne maîtrisent pas suffisamment la langue française pour l’enseigner.

Finalement par dérogation et par compromis, à partir de la 4è année scolaire, l’allemand peut être enseigné à raison de trois heures par semaine et l’enseignement religieux (4 hebdomadaires) est également dispensé en allemand pour ceux qui le souhaitent.
La suite de l'histoire du Sundgau montrera que ces mesures n’était pas forcément inutile...


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Dreyeckland : France - Alsace - Haut-Rhin - Sundgau
by Jonathan RODRIGUEZ last modified 2007-08-22 15:59